Bon, une fois n'est pas coutume, vu que mon précédent texte n'a pas l'air de vous émouvoir plus que ça je m'en vais m'essayer à ma première fiction. Je précise que c'est une fiction, des fois qu'on me reproche encore de m'inventer une vie. Cela dit, cette histoire est inspirée de faits réels. Bonne lecture.Tous les soirs en sortant du collège, ils s’y arrêtaient tous, tous ceux qui rentraient chez eux à pieds en passant par la rue des voleurs, au moins cinq minutes, ils s’arrêtaient tous au moins cinq minutes pour le regarder, monsieur Caca comme on l’appelait. Monsieur Caca, le monsieur qui mangeait son caca. Tout un spectacle !
La première fois que je l’ai vu, moi, j’étais en quatrième, je sortais de mon cours de maths, ce devait être un jeudi. J’ai remonté l’allée des faunes, mon cartable sur le dos, et j’ai bifurqué, comme d’habitude, par la rue des voleurs. Un petit groupe était amassé et des rooo et des baaahh s’en échappaient. Et cette mêlée de collégiens semblait s’agiter d’un unique mouvement qui les faisaient tressaillir tous en même temps au gré des rhaaan et des beeuuu. J’ai rejoint le cercle et à mon tour j’ai fait wourf et j’ai fait rhooo.
Monsieur Caca, comment aurions-nous pu l’appeler autrement ?
C’est à heure fixe et tous les soirs de la semaine, sauf le dimanche, que Monsieur Caca, réglé comme du papier à musique, sortait son petit Tupperware jaune transparent, en ôtait le couvercle et y plongeait la main. L’odeur envahissait l’air. Les mouches tournoyaient. Les collégiens s’agglutinaient. Monsieur Caca mangeait.
Avec le temps, les cris d’étonnement et les effrois éructés se transformèrent en rires et en commentaires de toute sorte, parfois drôles, parfois méchants, Monsieur caca était devenu notre bête de foire. Silencieuse toujours. Affamée à heure fixe. Une fois même, Balezo avait chié dans une bassine et lui avait jeté en disant « tiens je t’ai ramené le dessert ».
Et puis un jour, on est tous sorti du collège et on a remonté l’allée des faunes. Au croisement on a tourné dans la rue des voleurs et on s’est arrêté au même endroit que d’habitude. Monsieur Caca était là. Il était assis sur une chaise devant une table ronde nappée d’un motif vichy rose et blanc et entourée de six chaises devant lesquelles se trouvaient six assiettes. Dans le public, tout le monde se regardait avec étonnement, chacun ayant peur de comprendre l’intérêt de cette installation. Monsieur Caca, parlant pour la première fois, nous révéla ses intentions. Je vous invite à dîner, dit-il, j’en ai assez de manger seul. La moitié du public prit ses jambes à son cou et partit dans diverses directions. Il me sembla même que Balezo lui-même partait dans plusieurs directions en même temps. Et ses jambes, comme des hélices, tournoyaient de chaque côté de son corps. Le public qui restait se partagea en différents groupes :
le premier, incrédule, attendait encore le spectacle habituel mais, petit à petit, se désagrégea en déserteurs filant sur la pointe des pieds en vissant leur index sur leur tempe.
Le second groupe, c’était celui de ceux qui se sentaient agressés et qui levaient leurs poings au-dessus de la tête pour décrire des cercles en hurlant des scandales et des remboursez pour ce spectacle qui ne leur coûtait rien.
Les gars du troisième groupe avaient sans doute lu tout un tas de bouquins de psychanalyse car ils semblaient avoir compris en une demi-seconde tout ce que cette mise en scène cachait de douleurs secrètes et de perversions… certains parlaient d’ombres et d’inconscient, d’autres de souvenirs refoulés et de complexes et l’un d’entre eux déchira même une page de son cahier de texte pour y noter l’adresse d’un bon thérapeute. « Va te faire soigner, t’es taré mec » avait craché l’un d’eux avant de s’enfuir.
Les théoriciens formaient le groupe suivant. Chacun d’eux y allait de sa petite certitude : je suis sûr que depuis le début ce n’est que du Nutella, ça n’a jamais été du caca. Pt’être bien ouais. Oh que si, c’est du caca, moi j’dis, mais du caca qui est super bon, à tous les coups, genre du caca de dauphin ou d’un animal trop mignon. Pas con ouais. Si ça se trouve c’est pas un être humain, c’est un extra-terrestre et sur sa planète le caca humain c’est comme du caviar. Ouais.
Y’avait aussi le groupe de ceux qui disaient je le comprend c’est pas cool de manger seul. Et les fins psychologues du troisième groupe disaient vous êtes encore plus tarés que lui, mais l’un d’entre eux justifiait tout cela d’un ce doit être le complexe de Stockholm. Et ses collègues hochaient la tête. Mais ceux du cinquième groupe continuaient de dire que manger seul c’est pas très cool. Du coup, ceux du quatrième groupe échafaudaient une théorie du complot : « attention les gars : ceux du cinquième groupe sont aussi des extra-terrestres. »
Le groupe le plus important restait celui de ceux qui ne disaient rien. J’en faisais partie. Nous étions six. On s’est mis à table. Le repas fut délicieux. Petites crevettes en entrée, poulet basquaise, et une tarte aux fraises pour finir.
Tous les soirs en sortant du collège, ils s’y arrêtaient tous, tous ceux qui rentraient chez eux à pieds en passant par la rue des voleurs, au moins cinq minutes, ils s’arrêtaient tous au moins cinq minutes pour le regarder, monsieur Caca comme on l’appelait. Monsieur Caca, le monsieur qui mangeait son caca. Tout un spectacle !
Commentaires
J'ai rien compris, mais c'est dingue... je sais pas, quand je te lis, je suis en apnée, meme (et surtout) quand je comprend rien... Ya un truc pas clair et je sais toujours pas ce que c'est ... J'en reste à mon premier post : j'ai pas encore trouvé le mot.
Reprends ton souffle de temps en temps. ça m'embeterait de perdre un lecteur. ;-)
je suis fascinée... mais c'est pas encore le mot... Je trouverais, je trouverais...
ah... "fascinée", je trouvais ça pas mal déjà... tant pis...
quelle nauséabonde métaphore filée. Tu es monsieur caca et nous sommes ces petits cons à venir te voir diner. Quand tu nous as invité à ta table, il y eu effectivement différents groupes facilement identifiables par leurs commentaires. "Basé sur des faits réels" donc, c'est un peu mensonger... mais tant que personne n'y voit clair, j'imagine que tu dois être satisfait. Comment tes lecteurs devraient ils prendre le fait que tu essaies de leur faire avaler de la merde (ie des mensonges). Parce que si tu finis ton post par un diner qui semble savoureux, il n'en va pas de même pour tes posts. Celui-ci comme les autres ne sont pas "basés sur des faits réels" ou bien peu. Mais il est tout aussi vrai que tu écris bien...
Oula, un commentaire composé... Bon bah, j'imagine que je dois jouer les correcteurs. Allons-y :
"Métaphore filée" : bah oui ça me semble pas mal cette idée-là.
"nous sommes ces petits cons" : subjectif, évitez de vous éloigner du texte, ou s'il s'agit de votre avis dites-le de maniere moins ambigue.
""Basé sur des faits réels" donc, c'est un peu mensonger" : il doit manquer une articulation par rapport aux idées précédentes, car si la métaphore concerne quelquechose qui a effectivement eu lieu (thèse que vous défendez à en croire cette phrase : "Quand tu nous as invité à ta table...") on devrait conclure que le texte est "inspiré de faits réels", de faits réels et non de mensonges. Pourquoi dire alors que c'est "mensonger" ? Veillez à mieux organiser vos idées.
"mais tant que personne n'y voit clair, j'imagine que tu dois être satisfait." : subjectif toujours. A éviter.
"Comment tes lecteurs devraient ils prendre le fait que tu essaies de leur faire avaler de la merde (ie des mensonges)" : mettez un point d'interrogation s'il s'agit d'une question. De plus et selon le texte, c'est le public de collegiens qui s'imagine un repas au caca... Monsieur Caca, lui, a prévu autre chose. Enfin, pour vous, "mensonge" est synonyme de "merde" mais nous avons vu plus haut que le terme "mensonger" dans votre prose sortait de nulle part. Vos arguments s'effondrent. Dommage, ça commencait bien.
Le reste n'a guere plus de valeur car basé sur trop de subjectivité et de constats hatifs. Cependant pour la flatterie de votre derniere phrase, je consens à noter que vous avez fait un bel effort.
PS : à l'avenir, tâchez de ne pas empruntez de pseudo bidon.
Vous avez bien fait de manger et de passer outre les apparences. Cela s'appelle je crois la tolérance. Toujours un plaisir de te lire et tu peut m'en resservir autant que tu veux...
Tu vois Peter Gabriel qu'il existe d'autres interprétations... Reprends du dessert Locy tu l'as bien mérité.
Mais pourquoi les cornichons ???
Parskeeeeeeuuuuuuuuuuuu !!
;-)
Merci pour le dessert, un régal...
Tu reprendras bien un sanglier farci...
Monsieur le professeur... Que dire? L'arrogance qui est votre ne sied guère à un enseignant. Quel exemple nous autres collégiens allons nous en tirer si vous nous toisez de si haut?
Que mon arrogance ne sied guère à un professeur n'est pas important dans le sens où je ne suis pas prof et tu n'es pas collégien. Cependant je ne cherchais pas à te toiser, Peter, mais seulement à recadrer ce que tu disais, pour la seule et unique raison que ce tu pretends être ce que je veux dire, le devient ou en tout cas risque de le devenir aux yeux de mes lecteurs, si je ne prends pas soin de le rectifier. Cela dit, j'accepte la critique. Et la tienne, pour tout te dire, ne me déplaisait pas. En esperant te lire prochainement.
Toujours aussi bien ! (oui, j'aime les commentaires constructifs) ;)
Et pour illustrer ton post, une jolie image :
http://www.underconsideration.com/speakup/word_it/extreme/images/sm_john_f_02.gif

Je me suis permis de mettre l'image ici directement, Ziz... j'ai pensé que cette attention te ferait plaisir... Et merci à toi.
N'hésitez pas à agrémenter vos commentaires messieurs dames... tant que cela reste dans la limite de... non en fait, dans la limite de rien...
C'était pour les histoires de droits, tout ça, que je n'avais mis que le lien.
Mais l'intention me fait trop plaisir ! :D
A ton service ;-)
De rien Cornichon!
c'est fortement inspiré de faits réels ou très peu?
(merci de me répondre par mail si possible, je risque d'oublier de revenir voir ici)
C'est assez grandiose comme histoire ( inspirée de faits réels de surcroît !) et j'éspère une nouvelle aventure qui distraira autant mon imagination que celle-ci !!!!!
MMMh, c'est tellement bon..
Et ta façon de répondre aux commentaires négatifs...J'ADORE!!!!
Vraiment BRAVO!!!
Je ne m'en lasse pas...
Si sa ne te dérange pas, je vais continuer ma lecture...Bye bye!!
code : eat
Eh, l'autre y s'est fourré le doigt dans l'oeil avec sa métaphore filée, et il t'as fourré le doigt dans ton oeil par la même occaz: allez vous acheter un dictionnaire des figures de style, ça vous occupera dans le metro. C'est une mise en abyme, ducon !( tout le monde s'en fout, c'est vrai, mais soyons exact au moins)
Au fait uu'est-ce que tu dirais d'un petit stage en dépassement de la phase annale? Trop cher?
j'ai ris, j'ai ris en lisant cette phrase!!!
(ça doit faire une heure ou deux que je lis ton blog dans l'ordre, méthodique... merci "le Monde"!
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Hummmm, CHAR-MANT!!!!!
Tu en reprendras bien un peu ?