Tristesse

Publié le par Brad-Pitt Deuchfalh

Quelqu’un m’a dit un jour qu’il avait pleuré en lisant un de mes textes. Je lui ai dit que moi aussi j’avais pleuré en l’écrivant.

J’étais dans les toilettes, seul, les yeux fermés secouant dans ma main la mécanique de mes fantasmes à un rythme régulier, tout se passait bien, pourtant j’ai changé la bobine au moment le plus incongru pour me projeter le même film sur l’écran de mes paupières, le même film mais avec des acteurs différents. Mathilde s’est évaporée et le rôle principal échoua à son frère comme à une doublure, peut-être parce qu’il ressemble vraiment beaucoup à sa sœur. Et le scénario poursuivit ses extases et ses ravissements dans le corps nu de ce garçon contre le mien. Et je me suis forcé à imaginer cette fiction étrange, je me suis forcé jusqu’à ce que mon corps lâche et se ramollisse.

« Y’a pas de honte à être homosexuel, bien au contraire… enfin je ne dis pas qu’il faut l’être forcément… mais y’a des gens qui le sont et c’est très bien… pour eux je veux dire… enfin bon… »

Je crois que ça inquiète sérieusement ma mère de ne me voir qu’avec des garçons ou avec personne, seul. De ne pas me voir avec des filles. Une seule lui suffirait. A moi aussi, mais c’est plus facile à dire.

« Si j’avais un fils homosexuel, j’aimerais qu’il me le dise, je ne voudrais pas qu’il me le cache. Je n’aurais pas honte de lui. »

Oui je crois que ça l’inquiète beaucoup. Je finis par me demander si ça ne m’inquiète pas moi aussi.

Dans deux mois je serai au lycée. Puceau de la langue. Est-ce que c’est normal ?

Comment on sait qu’on est homo ?

Tout à l’heure j’étais aux toilettes. Oui, encore. J’étais aux toilettes et vous savez bien ce que j’y faisais. Oui, encore. Et tout en agitant ma main entre mes cuisses, j’ai mis le majeur de ma main gauche dans ma bouche, je l’ai mouillé et puis…

Faut-il avoir honte de ne pas savoir ce que l’on est ? Faut-il avoir honte de se laisser penser que l’on est peut-être ce que l’on est pas ? Vous comprenez ?

Oui j’ai enfoncé ce doigt dans mon anus en me masturbant, et je le faisais aller et venir entre mes fesses, sans en ressentir de plaisir particulier mais en me forçant à essayer d’en trouver un parce que ce serait plus facile d’être homo. Au moins je n’aurai plus affaire à l’inconnu. Aux filles.

Ce serait plus facile.

Ce n’est sans doute pas ce texte-là qui vous fera pleurer mes amis, comme quoi, ce ne sont pas les textes tristes les plus durs à écrire.




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Publié dans Au jour le jour

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Julita 04/01/2006 17:46

Je te lis depuis hier. Oui j'ai quelques mois de retard apparemment, mais on fait avec ...Tu es si franc quand tu écris. Je me demande par moment si tu penses ce que tu écris, si tu racontes une pseudo-vie.Comme la communauté religieuse de ton père, les quelques anecdotes que tu racontes, ...C'est très beau, et très bien écrit : tu es doué.Toujours est-il que "puceau de la langue" au lycée, c'est pas ce qu'on a fait de plus grave. Je suis une fille alors je ne vois peut être pas les choses de la même façon, mais je n'avais embrasser de garçons au lycée. Ca ne fait pas de toi quelqu'un d'en retard sur la norme. Beaucoup se vante de choses qu'ils n'ont jamais fait, pour le plaisir de frimer ...Après si bel et bien tu ressens quelque chose de différent en toi ...J'espère, si c'est le cas, qu'on te comprendra.Bien à toiJulie

alex 05/12/2005 15:30

phrase que nous avait dit un prof de français, au collège, qui fumait ses gitanes en cours. Les filles étaient pas là, j'ai jamais compris pourquoi, et il en a profité pour nous "rassurer" . Entre ricanements des uns, et geines des autres, il nous a sorti :"de toutes façons les ptits gars, vous inquiétez pas, les filles, c'est comme les garçons, mais en différents".
C'est marrant, ce jour là personne avait compris. Mais après m'être dépucellé la langue et le reste, je m'en rend compte, il avait raison.
Et ce con (au sens affectueux du terme) est mort, deux ans après, d'un cancer de la langue...
mais pourquoi je termine la dessus...
Hé si je te présente ma cousine, tu veux bien d'elle ? tu sera un peu dans ma famille comme ça...
La , cette fin est un peu mieux... promis je progresse dans le prochain commentaire, promis.
Et encore, merci.

Vaneck 26/11/2005 19:54

Hup , j'arrive apres la bataille . Je voulais juste dire que les tetes les plus durs a ecrire sont les textes avec plein d'exotique COD et autre truc a l'aurthographe douteuse.Mais evidemment , c'est moins romantique...
(y a les texte en anglais qui sont pas mal dur aussi)
(J'ai tellement honte de l'horthographe desastreuse de mon blog que je ne met pas le lien)
(j'arrete les parenthese)

Sweety 24/07/2005 12:41

Pour l'homosexualité j'ai aussi eu mes doutes. Mais je me suis tout bonnement aperçue que je ne regardais en fait jamais les filles dans mon quotidien. Et que y avait ce quelque chose chez les gugus qu'on ne retrouve pas chez les filles (protection and co.).
Enfin ça m'a refaite penser à mes moments de doutes au collège où j'avais fini par me déclarer bisexuelle pour en arriver aujourd'hui à me proclamer "hétérosexuelle ouverte" (Qui veut dire je suis ouverte pour une relation avec une fille mais n'en reste pas moins très et surtout attirée par les bonshommes ;].)

Ah et puis moi j'aurais tendance à dire que ce qui est le plus dur à écrire est souvent le plus intime :).
Merci pour cette contribution Sweety. A bientot.

Mimi 23/07/2005 19:30

Je voudrais juste ajouter que tes mots m'ont fait reflechir. Résultat ds mon journal:http://confusementmimi.over-blog.com/
(Si jamais ça interesse quelqu'un).
J'en reviens. Je suis ravi d'avoir été un peu le déclencheur de tes mots. Bonne chance et bon courage pour ton blog.