La falaise

Publié le par Brad-Pitt Deuchfalh

On est enfin arrivé au bout de notre cabane. C'est plus une cachette qu'une cabane d'ailleurs. C'est dans la mine abandonnée. Je sais, je ne vous ai jamais parlé de la mine abandonnée. Y'a tellement de choses dont je ne vous parle pas. Et tellement de choses dont je ne parle qu'à vous.

La mine abandonnée c'est pas très loin de la maison. C'est pas une mine comme on pourrait croire avec des souterrains et des ascenseurs qui descendent dans la terre. Non, c'est une mine à ciel ouvert. Y'a bien longtemps qu'elle est plus en activité. C'est plus qu'un amas de roche, un désert caillouteux, notre terrain de jeux.

D'un côté y'a comme une falaise, un gigantesque pan rocheux vertical qui a été attaqué à la masse pendant des années. Ça fait comme si un monstre avait bouffé la terre en ouvrant une gueule de cent mètres de haut et que, soudainement, il avait perdu l'appétit et laissé là son repas entamé. La falaise. Si maman savait.

La mine abandonnée c'est notre territoire à nous. La cabane c'est un creux dans la roche. Faut grimper un peu par le côté le moins vertical et trois mètres au-dessus du sol y'a cette cavité qui est maintenant notre repère.

Quand on est là-bas, c'est con à dire, mais on est libre. Y'a personne pour nous dire quoi faire ou quoi pas faire. Y'a que Crocheton, Postiche et moi. Postiche c'est le copain de Crocheton. C'est notre copain à tous les deux en fait. C'est sa mère qui m'emmenait à la maternelle quand maman avait des examens à l'hôpital.

C'est Crocheton bien sûr qu'a eu l'idée. Jamais j'aurai cru qu'on pouvait la grimper la falaise. Etre là haut c'était comme être tout en haut de la vie. On s'est approché tous les trois du bord avec le reste du monde à nos pieds. Le vent nous a fait une place. On s'est regardé tous les trois. Y'a des sourires qu'on oubliera jamais.

En haut de la falaise y'avait trois p'tits cons cet après-midi, la tête en avant tendue vers le ciel, les bras attrapant l'horizon, peut-être les avez vous entendus quand ils ont hurlé en riant "On est les maîtres du monde !!"



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solio 29/01/2006 23:20

c'est magnifique ce que t'écris:j'en ai la larme à l'oeil...lorsque je lis ton blog une multitude de souvenirs, de sentiments refont surface.ta nostalgie,ta solitude je la resent car j'ai la même dans le coeur.Tous ses petits instants de bonheur tout con sont gravés dans ma mémoire à jamais:comme quoi malgrès tout la VIE mérite d'être vécue.

Fred 24/01/2006 15:16

Merci pour tout tes jolis textes

juliette 30/07/2005 03:12

Pour le style, c'est l'avis extérieur qui domine, et puis tu as le temps de le forger. De toute manière, il vient sans que l'on ne s'en rende compte, alors... Pour la carrière abandonnée, je te suis à 100% : j'adore toutes les "élaborations" humaines à l'abandon, je trouve qu'elles ont une histoire, et qu'on peut la poursuivre, en donnant un peu de vie à l'endroit, sans clinquant, juste un supplément d'âme, comme dirait le poète.
Continue, tu m'intéresses.
Cyberbises. J.
C'est joliment dit, Juliette. Je continue en esperant t'interesser autant à l'avenir.

Briscard 25/07/2005 15:33

Plus je te lis et plus j'aime ce que tu écris. Une remarque, toutefois, si tu m'y autorises (et si tu ne m'y autorises pas, je me le permet quand même!): tu as le fond, c'est indéniable, et des choses à dire, pas d'blème; tu as les mots qui vont bien, qui chatouillent l'oreille, caressent le coeur et mouillent l'oeil. Il ne te manque plus qu'un truc: le style. Ou plutôt TON style... dans ce post, "La falaise" ou dans "On en a qu'une" tu le tiens ton style... on le sent qui vibrionne sous le clavier... et puis dans le suivant, "La lumière", tu le perds un peu... tu emphases un poil de cul de trop, tu n'ellipses pas assez... enfin à mon goût, mais, n'est-ce-pas, des égouts et des égoutiers...

Bon sinon tu me ravis toujours autant, et t'es bon, gamin... Mais oublie pas de te rappeler: le style c'est l'homme...
Briscard le Sentencieux
Je ne me rends pas compte de ces histoires de style. J'écris tous mes textes de la même façon. J'apprecie tes analyses et tes avis et je te remercie de me les donner sans détour.
"Oublie pas de te rappeler"... quelle formule paradoxale !
Brad-Pitt Deuchfalh

Mimi 25/07/2005 11:29

Je vois très bien ce que tu veux dire. Parfois, je voudrais que les mots n'existent pas pour décrire, qu'il n'y ait que les images pour parler.
Ouais.
Tu reprendras bien un schamallow, hum ?