La danse des Morts.

Publié le par Brad-Pitt Deuchfalh

Papa et maman ont promis qu’ils iraient. Pendry m’a fait son regard. Ça devait lui tenir à cœur. Bon bah ok, je viendrai aussi. De toutes façons c’est gratuit pour la famille alors…

« Mais moi je ne demandais pas grand-chose… juste que tu viennes. Que tu sois simplement présent parce que pour moi c’était important. » Pendry mets ses mains sur ses yeux, sa voix déraille. « Je suis ta sœur quand même. » J’ai envie de lui dire de pas pleurer mais trop tard. Elle pleure. Et elle est là, debout, plantée devant moi comme un arbre. Elle écarte les branches de ses bras et, en voyant ses yeux rouges et humides, un caillou s’effrite dans ma poitrine. Elle plante ses piscines-iris dans mes pupilles pas fières : « mais moi je t’aime mon frère ! »
Regarde ta sœur pleurer.
D’hurler que je l’aime aussi. J’aimerais tant mais je ne peux pas. Mes lèvres restent scellées, je pleure. Ça va mal finir et je le sais. Mais je ne peux rien faire, je suis scotché. Et tout me revient en pleine gueule :
Pendry, 8ans, voix d’enfant : « Brad-Pitt, t’es mon ptit frère préféré. »
Pendry, 6ans, voix de bonbon : « Brad-Pitt… c’est moi bébé, c’est ta grande sœur. »
Pendry, 14ans, voix qui pleure : « Y’a que toi de gentil dans cette famille, Brad. »
PAN, la détonation, PAN, l’écho, BOM, le corps de Pendry qui s’écroule comme une falaise. La vie s’arrête,
y’a plus rien,
c’est le néant,
que du noir et du silence partout et le corps de ma sœur sur le sol comme un arbre mort.

Et mon cœur qui se gonfle à m’en faire mal. Je ne peux pas avaler ma salive, je ne peux pas, ma gorge est nouée. Alors je me lève pour le rituel, mais pour moi ce n’est pas un rituel, car jamais je n’ai cru autant en ce que je faisais qu’à cet instant précis. Alors je me lève dans le noir et mes jambes tremblent. Et je fais ce que n’importe quel frère ferait à ma place. Je tape les paumes de mes mains l’une contre l’autre devant mon visage. Une fois. Puis une fois encore. Et à ma droite maman se lève en pleurant. Et elle fait comme moi. Elle tape ses paumes l’une contre l’autre. Alors soudain, la terre se met à trembler et un troupeau de bisons semble galoper autour de nous, plac catap plac, cataplac, clap cataclap, clap clap, clap clap, et la nuit s’allume, et la salle est debout, ovation, youhou, clap clap, bravo, ovation, bravo, le rideau tombe, je pleure.



Bonus du jour : Re-bon anniversaire (pour régime sans selles, cette fois)



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louis-michel 22/02/2006 02:49

poutine poutine poutine poutine poutine

R... 03/09/2005 07:53

et voilà... je suis encore tombé dans le panneau (aïe)

Bien écrit !

locy 21/08/2005 01:21

CLAP, CLAP, CLAP, CLAP...(à deux mains)

Gabrielle 11/08/2005 14:53

Bon ben moi m'est plus facile de me mettre à la place de ta soeur qu'a la tienne, et je peux te dire une chose: tu n'étais sûrement pas le seul ému ce soir là, et peut-être même pas le seul à verser des larmes. Le stress nous fait vraiment faire tout et n'importe quoi! ;-)
Gaby.

Mimi 06/08/2005 17:59

Il m'est facile de me mettre à ta place, et mettre mon frère dans le rôle de ta soeur.
Je me dis que je devrais peut-être lui faire savoir certaines choses...