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Autoproclamé daron de la bogossphère
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Est-il possible que tu existes ? Est-il raisonnable de l’imaginer ?
L’amour sera-t-il comme je l’imagine et le rêve ? Et le rêve. Sera-t-il comme celui que je fais souvent quand il deviendra réalité ? Près de toi. Alité près de toi sans jamais pouvoir me souvenir
au réveil de ta voix ou ton nom, ou ton visage, fuyant sans cesse.
Est-il possible que tu existes ? Est-il stupide de ne pas y croire ? Est-il stupide de le vouloir, de l’attendre ? De la tendre au-dessus de ce songe, ma main, vers toi, même si je sais que
chaque fois je t’oublie et tu disparais.
Faut-il qu’avant je te cherche, qu’après je te cours, pour qu’un jour ?
Faut-il que je ferme mes phrases comme on se claquemure pour que tu ne m’entendes plus qu’en murmure ou que j’ouvre les guillemets pour que tu me moques d’un sourire ?
Encore longtemps me faudra-t-il t’écrire à défaut de te dessiner, moi qui n’ai ni ce talent ni l’ardeur de vouloir l’acquérir, me faudra-t-il encore longtemps t’écrire, te dessiner en mots en
somme, pour figer ton portrait un peu plus dans ma mémoire, avec cette peur de te perdre, toi que je ne connais pas encore ? A mesure que tu m’échappes, me faudra-t-il, à jamais, allonger mes
phrases aussi loin que je le peux comme on poursuit un fantôme au fond de sa mémoire avec l’ivresse de croire que le bonheur est proche et le désespoir de l’essoufflement qui soudain te coupe en
deux le poitrail et le rêve ?
Faut-il abandonner avant même le départ ? Faut-il lâcher prise et oublier ? Faut-il l’intelligence de se préserver ? De se mettre à l’abri ?
Est-il possible que tu existes ? M’aimeras-tu ? Est-il dommageable de l’imaginer ?
Est-ce que les murs de pierres tombent avant même d’être construits sous le seul prétexte que les murs finissent toujours par tomber, qu’ils fussent en grés, en marbre ou en calcaire ?
Est-ce que l’amour ouvre les yeux ou est-ce qu’il les ferme ? Est-ce que l’amour peut être beau sans être idiot ? Est-ce que l’amour est toujours comme celui que je vois partout, dans les
magazines, dans la télé, est-ce que l’amour est toujours un peu gourde, toujours un peu tarte, toujours sucré et doux et a-t-il toujours cet arrière goût de violence et de haine, comme à la
maison ?
Est-il possible que tu existes ? Est-il souhaitable que oui ?
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