La saga du camping : épisode 2
Camping des flots bleus***. Trois étoiles. La classe. Y’a une piscine.
Partout des gens en short qui traînent leurs sandales dans le gravier des allées et regardent la voiture comme si elle sentait mauvais. Retour à la nature. Extinction du moteur, ouverture des
portières. Depuis longtemps j’ai retiré mon pull.
Ce n’est que le soir de ce premier jour que ceci est arrivé : mon zizi est devenu tout dur parce que je regardais les moustaches de Jean-Michel.
Pour l’heure, Françoise s’exclame « Nous y voilà ». Et elle me demande si ça me plait. Un carré d’herbe verte. Du soleil au-dessus. Une caravane posée là. Nous on dormira dans la tente. Ça
s’appelle une canadienne. C’est pas bien grand une canadienne.
Françoise et Jean-Michel occuperont la caravane. Je le connais pas trop Jean-Michel. C’est le père de Benoît. Il a les yeux de son fils et une moustache.
Benoît a fini de monter la tente. Ça fait pas une heure qu’on est là et j’ai déjà les pieds nus dans l’herbe et mon maillot de bain. Direction la piscine. Torse nu sous le soleil.
C’est les films de Jean-Michel que Benoît me montrait quand on était seul chez lui et qu’il s’agitait la braguette.
A 17hoo on sort de la piscine. Direction la caravane. Une douche et puis un tee-shirt et nous voilà autour de la table en plastique. Apéro. Des gens sont là que je connais pas. Des voisins il paraît. Benoît boit du vin et moi du coca. Y’en a jamais à la maison du coca, papa veut pas. J’en avais bu qu’une fois avant ça. Je le dis pas.
Jean-Michel boit du pastis et taquine son fils à propos des filles plutôt jolies qu’il a vu dans le camping. Françoise est encore en maillot de bain dans sa chaise de jardin. Un verre à la main. Elle est vraiment belle Françoise. Y’a des poils qui dépassent de sa culotte. Je le dis pas.
J’ouvre la tente pour prendre un pull et mes doigts glissent sur la toile dans du caca de mouette. Benoît me moque en riant. M’en fout : bientôt mon zizi se dressera vers le ciel à la vue des
moustaches de son père et il ne le sait même pas. Moi non plus cela dit.
Sur l’emplacement d’à côté, des gros gens rouges rigolent et pètent. Et eux aussi boivent du pastis.
Dans l’allée ça joue à la pétanque.
Jean-Michel dit des trucs comme : « t’as des boutons ? Faut te purger… trouve-toi une copine » ou « t’as pas de moustache ? Mets du caca de pigeon, ça la fera pousser. » Moi je sais très bien que
c’est pas vrai. Papa m’avait dit la même chose une fois et j’ai essayé : ça n’a rien donné. J’aurais dû me douter que du caca d’oiseau ne ferait pas pousser ma moustache. Quel drôle de type ce
Jean-Michel.
Françoise fait rhaaa et rhooo quand il parle comme ça et il répond que je suis pas en sucre. Et puis il me demande si je sais ce qu’est du caca de pigeon et je sais pas trop quoi répondre alors
je réponds pas. « C’est quand tu mets ta main dans la culotte d’une fille » qu’il dit et « rhaaa Jean-Michel » fait Françoise.
Trois étoiles. La classe.
« Bah quoi il a bien déjà mis sa main dans la culotte d’une fille » dit Jean-Michel comme si j’étais pas là. Je baisse les yeux pour me rendre invisible.
Y’a toujours des poils qui dépassent du maillot de bain de Françoise.
Mes doigts sentent encore le caca d’oiseau.
Je reléve la tête, mes yeux se fixent sur la grosse moustache de Jean-Michel.
J’ai mon zizi tout dur.
Texte lu par Justine Miso.
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Commentaires
nan je rigole je veux pas savoir
[...]
Dans le ciel d'Août un astre malin
Trace ma route vers le fin-fond du Brésil
Oui, ce blog est incroyable.
et bien le zizi tout dur ... ça arrive
Je ne peux m'empêcher de me demander où tu vas chercher tout ça.
Je te ferai grâce de mes banalités en termes de compliments, tu sais ce que je pense de tes écrits...
Comment ça, non, tu exige un réitèrement de mes compliments?
Sinon quoi? Une flagellation publique à coups de martinet?
Tu sais quoi? Ta cruauté de perdra.
Pour le moment, je ne peux qu'obéir à tes injonctions.
J'aime ce texte, comme la plupart des autres.
Bien que celui ci me paraisse plus drôle, dans les descriptions jean-michelonesque et poilsdefrançoisesques.
Tu as le chic pour trouver le détail qui donne une toute autre dimension à ton/tes personnages. Dimension caustique, humoristique ou bouleversante.
Bravo!
Ca te va là? J'ai pas besoin, d'en rajouter, j'espère? :)
Si je peux me permettre un brin d'injuste pinaillage le "il ne le sait même pas. Moi non plus cela dit." c'est un tout petit peu trop classique (à mon goût). Rimbaud aussi en est passé par là, cela dit :-) .
j'adore ce blog !!!! continu comme ca!
code: sex
Mais......
Bien joué, trés trés bien tourné ! Je persiste et signe sur ce que j'ai dit sur d'autres posts : Grande qualité de naturel alliée à un verbe haut en couleurs !
Allez, Blog direct en favoris !!!
@ te lire si tu passes un jour sur l'univers du mien ;)
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