Est-ce que je suis normal ?
La petite Carole, c’est une petite fille. Elle a 4 ans et demi. Elle a des tresses. C’est sa maman qui les a faites.
La petite Carole elle est sage comme une image. Elle dit rien.
Moi j’ai ma main dans sa petite culotte. Le bout de mon index tout contre son anus. Un peu dedans mais pas beaucoup.
C’est un jeu.
Personne nous voit. Je sors ma main de sa culotte. Je sens mon doigt mais c’est pas dégueu, nan. Ça sent une odeur de fleur. Et je me demande même pas : est-ce que je suis normal ? Nan.
Parce que moi aussi j’ai 4 ans et demi.
C’est mon plus vieux souvenir. C’est mon plus vieux secret. Et la chose la plus dure que je peux en faire c’est pas forcément de l’écrire. Mais c’est de savoir que d’autres vont le lire.
Si aujourd’hui tout était aussi simple ce serait génial. J’irai mettre mon doigt dans le cul de Linette sans rien lui demander et elle me ferait juste un beau sourire. Mais ça se passe pas comme ça quand on a presque 18 ans. Il faut sortir ensemble, faut se tenir par la main, il faut se rouler des pelles. On a perdu notre innocence. Tout est devenu très compliqué. Les jeux d’enfant c’est terminé.
Je vois Pendry qu’est dans sa chambre. Elle me voit pas : je la regarde par le trou de la serrure. Elle, Pendry, elle regarde dans le trou de Fanny. Fanny c’est la fille de nos voisins. Elle a 7 ans. Elle est allongée sur la moquette. Ma sœur est à quatre pattes et regarde dans le trou du sexe de la petite Fanny. Comme si elle avait rangé quelque chose dedans. Alors je rentre dans la chambre pour jouer aussi parce que moi j’ai 6 ans mais Pendry se prend pour une adulte parce qu’elle en a 8.
Je me souviens : c’est un stylo bille bleu qu’elle avait rangé dedans.
Aujourd’hui c’est fini. Quand les copines de Pendry vont dans sa chambre, elles s’allongent plus sur la moquette pour jouer au docteur, nan. Elles parlent à voix basse de gloss et de slim et de est-ce qu’il faut avaler ? Et Pendry a bouché la serrure.
Quand j’étais en 5ème4 Lorela Vilaccio m’avait prêté un stylo bille bleu. Le même que Pendry avait rangé dans Fanny. Lorela Vilaccio, elle était amoureuse de moi. Elle s’en cachait pas. Moi j’étais carrément fou d’elle. Mais je m’en cachais. Quand la copine de Lorela me demandait pourquoi tu sors pas avec elle ? moi je lui disais que nan tu sais, Lorela c’est juste une amie pour moi.
L’excuse bidon pour pas rouler des pelles.
Lorela, son stylo, il était important pour moi. Elle l’avait touché, alors c’était un peu un bout d’elle-même. C’est pour ça que je me suis caressé le zboub avec. Parce que ça faisait comme si c’était elle qui me caressait.
Son stylo, j’ai juté dessus et je lui ai rendu. J’espérait qu’elle le mettrait, son stylo, dans sa bouche. Parce que ce serait comme si elle mettait mon zboub dans sa bouche.
Et je me souviens : j’avais de l’encre bleue sur les couilles.