La banane
Quand l'eau qu'est dedans prend vraiment trop de place et qu'il faut vraiment qu'on en enlève… quand on revoit le passé comme si c'était le présent et les images d'hier qui défilent devant nous mais qu'on sait que c'est pas vrai et qu'on est là… quand y'a les mots qui sont comme des poignards et qu'on sait que c'est les nôtres, qu'on les a posés là y'a longtemps pour venir s'y empaler demain… quand le ciel c'est comme un souvenir mais qu'on a mal sans savoir pourquoi, on pleure.
Quand les gens sont gentils à se demander si vraiment c'est bien des gens normaux ou si c'est pas simplement des êtres venus d'ailleurs ou des types qui veulent nous séduire mais qu'à bien y réfléchir, non, c'est juste des gens gentils… quand les mots qu'on a écrits c'est pas juste NOS mots, mais c'est des mots et qu'on se les prend en pleine gueule comme si ils étaient pas à nous… quand la vérité sur le monde c'est que c'est dur de savoir si tout ça c'est bien ou si c'est pas juste une plaie béante, on pleure.
Quand on veut dire sa peine, quand on veut dire sa joie, quand y'a des gens qui partent… quand c'est dur… quand c'est tout simplement vraiment trop dur d'être juste soi-même avec les choses en face qui sont comme un mur trop haut… quand les gens qui te regardent c'est des sourires qui te touchent comme seuls les sourires des autres peuvent toucher ton âme, on pleure.
Quand on lit et quand on relit, et je peux dire que j’ai lu et que j’ai relu, on se dit que merde.
Je l’ai lu. Je l’ai lu et relu. Et je me suis dit que merde c’est quand même trop facile de faire des textes à l’eau de rose. Quand l’eau qu’est dedans prend vraiment trop de place et qu’il faut vraiment qu’on gnagnagna … quand y'a les mots qui sont comme des poignards et qu'on sait que c'est les nôtres pfffffff.
« Quand on veut dire sa peine, quand on veut dire sa joie… » rholala la honte. C’est une chanson de Lara Fabian ou quoi ?
Nan mais sérieux, c’est quand même vachement plus dur d’écrire des choses drôles que des choses tristes je trouve. Et d’ailleurs, dans la vie aussi c’est plus dur de faire des trucs drôles que des trucs tristes.
Tiens, on va faire un jeu. Notre dernier truc triste et notre dernier truc drôle. OK ?
Allez, je commence :
Le dernier truc drôle c’était hier.
J’écoutais à la porte (oui je sais : c’est pas bien. mais je me faisais chier alors…). Pendry était dans sa chambre avec sa copine Sandy. Soit disant elles faisaient des maths.
« Tu vois, moi j’crois que c’est comme ça qu’il faut faire.
-J’y arrive pas. (Pendry, les maths, c’est pas trop son truc)
-Bah oui mais c’est normal, c’est parce que là ça fait une courbe. (Là je me dis y=ax+b)
-Bah oui mais n’empêche, j’ai pas la bouche assez grande. » (c’est là que ça m’a mis la puce à l’oreille)
Il fallait que j’en ai le cœur net : je regarde par le trou de la serrure. Pendry a une banane (pas épluchée) au fond de la gorge. Elle louche dessus pendant que Sandy la fait aller et venir dans la bouche de Pendry en disant « ça doit faire à peu près ça j’pense ».
Voilà, c’était le dernier truc drôle.
Et le dernier truc triste c’était ce matin :
J’étais tout nu et à côté de moi y’avait Ani, toute nue aussi. Et j’étais sacrément bien. Sa main caressait mon corps. Elle m’a embrassé. Sur la bouche. Elle m’a embrassé sur le torse. Sur le nombril. Sous le nombril. Et un peu plus bas encore. J’avais une trique d’enfer. Et là elle a attrapé mon zboub à pleine main et slich slich : elle s’est mise à l’éplucher comme une banane. J’ai hurlé de douleur AAAAAhhhhh !!! et j’ai entendu Crocheton qui disait « ça va Brad ? » et j’ai ouvert les yeux en disant oui oui.
Mon slip était trempé.
Devant.
C’était un rêve.
J’étais vraiment triste.
Allez, à vous maintenant…