Steve.
La saga du camping : épisode 5
En face de notre caravane, y’avait un carré d’herbe sèche. Plantée au beau milieu y’avait une canadienne. Mais sur cet emplacement-là, des canadiennes, on aurait pu en mettre douze.
Tous les jours à 16h00, le zip de la canadienne glissait et un garçon en sortait. Cheveux ébouriffés. Yeux collés rougis. Gorge sèche. Il dormait encore à moitié.
Moi je l’appelais Steve. J’étais sans doute pas le seul.
C’est fou, ce type n’avait rien. Juste sa tente et quelques fringues.
Un jour, je l’ai vu tourner dans le camping, une boite de conserve à la main. Il a regardé en l’air et s’est dirigé vers la fumée. C’était le coin des barbecues. Il a attendu qu’un vieil anglais ait fini de faire griller ses brochettes et s’en aille et il est allé souffler sur les braises pour les relancer et dessus il a posé sa boite de cassoulet.
A 21h, il partait en ville, il devait faire la fête toute la nuit et revenir complètement saoul à 6h du matin pour se coucher jusqu’à 16h.
Quand elles passaient devant sa tente, les filles prenaient toujours des allures de femmes, au cas où il apparaîtrait.
C’est fou, ce type n’avait rien. Juste sa tente et quelques fringues.
Et la gueule de Steve Mac Queen.
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