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"Franchement, moi qui n'aime pas lire, avec ce bouquin, c'était la première fois que je lisais un livre en entier."
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Pourquoi est-ce qu’on prend autant soin de notre vie ? On traverse la route en regardant à gauche et pis à droite et pis encore à gauche et encore à droite et on ouvre en deux notre sandwich pour vérifier que le jambon est pas marron. On nage où on a pied. On va dans les endroits qu’on connaît. On parle aux gens qui sont gentils. On change de trottoir. On fait des études. On cherche l’amour. On veut le bonheur. Pourquoi est-ce qu’on prend autant soin de notre vie alors qu’on en a qu’une ?

Des fois je me pose des questions.

Si le sol c’était des braises et qu’on avait plein de chaussures, des milliers de paires de chaussures, on serait toujours en train de marcher jusqu’à l’autre bout du monde sans en avoir rien à foutre, mais alors vraiment rien à foutre d’user nos pompes sur le sol couvert de braises puisque de toute manière on en a plein d’autres, des chaussures, des milliers d’autres paires. Mais si on en avait qu’une, de paire de chaussures ? Si on en avait qu’une paire, une seule et unique paire pour toute notre vie, est-ce qu’on resterait sur place pour pas l’abîmer, la garder à jamais neuve pour toujours ? Ou bien est-ce qu’on s’en servirait seulement pour aller dans des endroits importants ?
Au travail ?
A nos examens ?
A l’enterrement de nos parents ?

Si le monde était recouvert de braises, et si on avait tous qu’une seule paire de chaussures, y’aurait combien de personnes pour aller jusqu’à la mer ? Y’aurait combien de personnes pour se dire qu’on a pas besoin de chaussures quand on a les pieds dans l’eau ?

Des fois je me pose des questions.

Et si le sol c’était pas des braises. Si le sol c’était juste du bitume et des routes et des chemins pour aller vers ailleurs. Et si des chaussures on en avait tellement des milliers de paires qu’on pourrait en remplir des milliers d’armoires, pourquoi on resterait là, immobiles, plantés comme des cons, toute notre vie, debout dans nos chaussures ?
Pourquoi on ferait ça si une vie on en qu’une ?
Pourquoi on se pose jamais cette question ?
Pourquoi est-ce qu’on prend autant soin de notre vie ?




 


C’est compliqué. C’est compliqué d’expliquer les choses qui sont dans ma tête. Des fois j’ai l’impression que personne peut comprendre ou alors qu’il faudrait des heures et des heures et que même là ce serait pas vraiment possible parce que les mots manqueraient. Est-ce que je peux essayer ? Est-ce que vous allez me croire ?

J’avais 13 ans quand j’ai découvert que j’étais pas comme les autres. Quand j’ai découvert que j’avais un pouvoir. D’abord je me suis dit que j’allais en parler à tout le monde, que quand on a un don, ça peut toujours servir, et bien sûr je me disais surtout que je pourrais pt’être gagner du fric avec un don comme ça. Plein de fric. Et puis y’a eu comme une voix dans ma tête qui m’a dit : ne parle pas de ton super-pouvoir à tout le monde. Ou bien tu le regretteras.

La plupart des gens regrettent les choix qu’ils ont faits. Ou pas faits. Le regret les mord. Et les remords. Et ils veulent tout simplement pas refaire les mêmes erreurs. Les conséquences du passé, c’est ça leur expression : les conséquences du passé. D’abord ils font des choix. Et après, ils regrettent.
Moi je fais l’inverse. Je commence par regretter. Dans le futur. Et après je reviens dans le passé, je reviens jusqu’au présent, jusqu’à maintenant, jusqu’à aujourd’hui. Et je me dis nan. Nan faut pas que je fasse ça parce que c’est ça qui m’a donné des regrets demain. Et je fais les bons choix.
Les causes du futur. C’est ça, moi, mon expression.
Voilà : je les imagine, les regrets que j’aurais dans le futur. Je me projette, je me transporte dans l’avenir, je voyage dans le futur, j’imagine les regrets et les remords que j’aurai et puis j’ouvre les yeux dans le présent et je fais tout pour pas avoir de regrets, demain.

C’est pas une métaphore. C’est pas une histoire pour faire un joli texte. Je fais vraiment ça. Je voyage dans le temps. C’est pas de la science fiction. Les gens croient que pour changer les choses il faudrait une machine à remonter dans le temps, pour aller dans le passé. Ça c’est de la science fiction. On peut pas changer le passé. On peut que changer le futur.

Pt’être que tout ça, ça me vient de mon père qu’est né le 29 février, si bien qu’il vieillit carrément moins vite que les autres puisqu’il a quatre fois moins d’anniversaires. Et en même temps il vieillit quatre fois plus vite puisqu’il prend 4 ans d’un coup. C’est pt’être pour ça qu’il est jamais là le 29 février. Jamais. Il disparaît. Comme ça, c’est comme si il avait jamais d’anniversaire. Comme si il avait pas d’âge. Comme si il était en dehors du temps. Comme Dieu.

Ou alors je tiens ça de ma mère. Ma mère elle pleure quand elle voit des vieux qui rient. C’est plus fort qu’elle : elle pleure quand elle voit des vieux. Nous on lui dit que c’est rien maman, que c’est juste des gens heureux. Et que même si c’est vieux c’est quand même des gens qui rient. Qu’il faut pas pleurer.
Elle répond qu’elle se souvient pas. Que c’est pour ça qu’elle pleure. Qu’elle se souvient pas de quand elle était vieille. Que même si elle essaye de se souvenir et de creuser sa mémoire comme on cherche un trésor dans le jardin, y’a vraiment rien à snuuuurf (elle renifle) y’a vraiment à faire : elle se souvient pas de quand elle était vieille.
Moi je lui dis t’inquiète pas maman, t’inquiète pas. La mémoire ça va te revenir, ça va te revenir je te jure. Un jour tu te regarderas dans le miroir et y’a tout qui reviendra comme si tu y étais. Promis. Tu seras vieille, comme avant.
Ça la rassure.
Ma mère elle dit qu’elle se souvient pas de quand elle était vieille. Ma mère elle dit qu’elle imagine bien comment ce sera quand elle sera plus jeune. Mais quand elle était vieille elle s’en souvient pas.
Ma mère elle vit à l’envers : elle confond le passé et le présent.
Ma mère, elle est daltonienne du temps : elle voit le noir et blanc en couleurs. Et le futur en noir et blanc.

Des fois je me dis que le présent, le passé et le futur c’est une seule chose. Une unique chose.
On est aujourd’hui. On plante un clou. Là tout de suite, mais en fait non, on est seulement en train de planter un clou dans nos projets. Hier.
On plante un clou, là, tout de suite mais en fait non, on est seulement en train de clouer dans nos souvenirs. Demain.
Ce qu’on fait maintenant, tout de suite, c’est rien d’autre que ce qu’on prévoit de faire, hier.
C’est rien d’autre que des trucs qu’on se rappelle, demain.
Et vous me prenez pour un fou. Vous pensez que je regarde trop de films de science fiction ou je sais pas quoi. Et je vous comprends. Mais je veux juste vous dire que non. Je pense comme ça. J’ai toujours pensé comme ça. Et je sais que c’est un peu bizarre. Mais c’est ma vie.

Des fois je parle à des enfants. À des bébés je veux dire. Des gamins dans des berceaux. Je leur donne des informations. Quand je suis seul avec eux, je leur donne des informations. Des trucs qui leur seront utiles pour plus tard. Quand tu roules une pelle, y’a pas de bon ou de mauvais sens. Te prends pas la tête avec ça. Tu peux tourner dans le sens que tu veux. Je leur donne des informations pour plus tard parce que je sais que quelque part ils s’en souviendront. Si tu te sens seul, dis-le à ton père. Si tu as l’impression que ton frère va essayer de se suicider, faut pas avoir peur de lui parler. Faut jamais avoir peur. Je leur dis ce qu’ils doivent savoir : ne parle pas de ton super-pouvoir à tout le monde. Ou bien tu le regretteras.
Des fois je parle à des enfants.
Putain. J’ai jamais dit ça à personne : des fois je parle à des bébés… je leur donne des informations.

Des fois je croise des enfants dans la rue et je me dis que c’est moi. Je me dis que c’est moi quand j’étais plus jeune. Des fois, c’est le contraire, je croise des gens plus vieux dans la rue et je me dis encore que c’est moi, que c’est moi plus vieux. Des fois je me croise moi-même dans la rue. Je sais que c’est moi. Et je me regarde, je regarde cet adulte que je serai et je le laisse me regarder, parce que je sais ce qu’il pense. Il pense : cet enfant, c’est moi quand j’étais jeune.

J’avais jamais dit ça.
A personne.

Je me laisse des messages à moi-même : achète un vélo, pour tes trente ans, achète un vélo. Papa a pas voulu t’en acheter un pour tes 13 ans. Putain : je me laisse des messages à moi-même.
Jamais.
A personne.
J’ai jamais dit ça à personne.

Je m’enferme dans les chiottes et je répète la date du jour : 26 mars 2008, 26 mars 2008, 26 mars 2008, parce que je pense que plus tard, la seule évocation de cette date suffira à faire revenir tout ce à quoi je pensais au moment où j’ai répété cette date. Parce que je suis sûr que dans 10 ans je pourrais me connecter à l’instant présent, y revenir, juste en prononçant ces mots « 26 mars 2008 26 mars 2008 26 mars 2008 ».

Je crois que je suis un vieil homme de 99 ans qui se souvient de sa vie et que tout ça en fait c’est seulement un souvenir. Et du coup je peux faire tout ce que je veux, j’ai rien à craindre, parce que j’ai déjà tout vécu et je suis prêt à mourir. Alors je peux tout raconter, tout dire et tout faire.

Je crois que je suis un adulte et y’a un enfant dans la rue qui me regarde et il se dit que je suis lui. Lui quand il sera adulte. Et je suis cet enfant.

Je fais du rangement dans mes fringues et au fond d’une poche y’a un papier avec mon écriture : un jour faudra que tu racontes comment t’as découvert ton super-pouvoir. Alors j’ouvre mon blog et je commence à écrire que c’est compliqué. C’est compliqué d’expliquer les choses qui sont dans ma tête. Des fois j’ai l’impression que personne peut comprendre ou alors qu’il faudrait des heures et des heures… Et même là je me dis que ça va pas vraiment être possible parce que les mots vont manquer.

Je suis dans la salle de bain, face à mon reflet. Et on a pas 18 ans, ni lui ni moi. Je ferme les yeux. Lui aussi sûrement. Et je répète «3 juin 2003, 3 juin 2003, 3 juin 2003» et j’ouvre les yeux et je suis assis sur la cuvette des chiottes. Le slip aux chevilles, le cul à l’air. Et j’ai 13 ans. Et je répète la date du jour, 3 juin 2003, parce que je viens juste de le découvrir mon super-pouvoir. Et je me dis que je vais sûrement devenir super riche, vraiment méga riche et c’est trop cool parce que je vais pouvoir m’acheter un vélo et que papa va être dégoûté que j’aie réussi à m’acheter un vélo tout seul alors que soit disant, lui, il avait même pas assez de fric pour m’en offrir un à mon anniversaire, ouais, je vais devenir méga riche grâce à mon super-pouvoir et je vais courir jusqu’à la cuisine pour annoncer la bonne nouvelle à maman en lui montrant mes mains et c’est là que je l’entends pour la première fois, la voix qui me dit : ne parle pas de ton super-pouvoir à tout le monde. Ou bien tu le regretteras.
Alors je reste là.
Je dis rien.
A personne.
Je reste là.
Tout seul. Dans les chiottes. Le 3 juin 2003. A 14 h 37.
Alors ce que je fais, c'est que j’essaye mon super-pouvoir, une deuxième fois, pour voir si il va fonctionner encore ou si c’est le genre de trucs qui arrive qu’une fois dans toute une vie.
Ouais, c'est ça que je fais le 3 juin 2003 à 14h37 : je m’agite le zob pour voir si il va cracher une deuxième fois.




 




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